Midis de l'éthique

Les midis de l'éthique visent à favoriser la réflexion sur des thèmes ponctuels d'actualité. Les thèmes sont sélectionnés par le Comité permanent de la Chaire et seront traités par les étudiants du cours d'exercices d'éthique économique et sociale. Ils ont lieu les mardis de 12h45 à 13h55 trois fois par semestre.

Les midis de l'éthique se déroulent le mardi de 12h45 à 13h55 précises.

Aucune inscription préalable n'est requise. Accès gratuit. Plus de nourriture dans la salle.

Nuisances aériennes: une solution équitable est-elle possible?
Mardi 4 novembre 2014, 12h45-13h55, Salle du Conseil, 1 Place Montesquieu, LLN
Midi de l'éthique introduit par Marc GOETHALS (médecin dans le Noordrand, spécialiste des nuisances sonores) et Laurent LEDOUX (président du Service public fédéral Mobilité). Modératrice : Danielle ZWARTHOED, post-doc Chaire Hoover et Fonds national suisse de la recheche scientifique.

Un aéroport engendre des nuisances acoustiques d’autant plus importantes qu’il se trouve, comme celui de Zaventem, à proximité directe d’une ville et à l’opposé des vents dominants. Comment répartir ces nuisances de manière équitable ? Faut-il par exemple les disperser autant que possible pour que chacun ait sa dose et que ceux qui encaissent le plus encaissent le moins possible ? Faut-il au contraire les concentrer sur les zones les moins peuplées en offrant aux habitants survolés une compensation adéquate ? Ou à tout le moins les concentrer autant que possible sans dépasser un seuil de nuisance médicalement intolérable ? Ou bien faut-il surtout ne rien changer du tout en supposant que le marché immobilier s’est chargé tout seul de réaliser l’équité en réduisant la demande et donc les prix d’achat et les loyers dans les zones fortement survolées ? Faut-il encore faire intervenir des considérations d’un tout autre ordre, en soutenant par exemple que si les trois quarts des emplois créés par un aéroport sont occupés par des résidents d’une région, il est juste que cette région écope aussi des trois quarts des nuisances ? Enfin et peut-être surtout, la justice n’exige-t-elle pas, quitte à faire fuir le low cost et le fret, d’augmenter drastiquement les taxes d’aéroport pour que le prix des billets reflète un peu mieux le vrai coût du transport aérien en général et de la commodité d’un aéroport urbain en particulier.

Moins d'impôt sur le travail: la voie royale de la justice sociale?
Mardi 25 novembre 2014, 12h45-13h55, Salle du Conseil, 1 Place Montesquieu, LLN
Midi de l'éthique introduit par Axel HAELTERMAN (professeur de droit fiscal à la KU Leuven, avocat fiscaliste chez Freshfields Bruckhaus Deringer) et Christian VALENDUC (conseiller général au service d'études du Ministère des finances, secrétaire du Conseil superieur des Finances (Section Fiscalite), professeur à lUCL et à l’UNamur). Modérateur: Edoardo TRAVERSA (professeur de droit fiscal à l'UCL)

La réforme de la fiscalité risque d’être un des thèmes chauds de la nouvelle législature fédérale. En particulier, il sera sans doute beaucoup question de tax shift, de déplacement de la charge de l’imposition d’une assiette fiscale vers d’autres. L’argument souvent entendu est qu’il importe de favoriser l’emploi en le pénalisant moins, donc en réduisant le volume des prélèvements qui pèsent exclusivement — les cotisations sociales — ou principalement — l’impôt sur les personnes physiques — sur les revenus du travail. Mais à défaut de sabrer dans les dépenses sociales ou de laisser filer la dette publique, ceci signifie qu’il faut augmenter la charge pesant sur d’autres assiettes fiscales. S'impose-t-il donc d'augmenter la taxe sur la valeur ajoutée, les écotaxes (en un sens large) ou les accises sur l'alcool et le tabac ? Faut-il plutôt introduire un impôt sur le patrimoine (comme en France) ou sur les capital gains (comme aux Etats-Unis et bien d’autres pays), voire une taxe sur l’ensemble des payements électroniques. Selon la voie empruntée (de manière plus que marginale), l’impact sur la croissance et/ou sur l’emploi peut différer sensiblement, mais aussi l’impact sur l’inégalité des niveaux de vie. Ainsi, la TVA est peut-être aujourd’hui encore plus régressive que l’impôt sur les personnes physiques tel qu’il opère réellement pas seulement tel qu’on le rêve). Mais taxer la consommation de tabac est certainement plus régressif que toute autre forme de taxation. Comment concilier les objectifs de lutte contre le chômage, contre les inégalités et contre les consommations nocives et, s’il n’y a pas entre eux d’harmonie préétablie, quels arbitrages faut-il faire pour guider les réformes fiscales à venir ?

Les jihadistes belges: des héros ou des fous?
Mardi 9 décembre 2014, 12h45-13h55, Salle du Conseil, 1 Place Montesquieu, LLN
Midi de l'éthique introduit par Dyab ABOU JAHJAH (président de Movement X, chroniqueur au Standaard) et Fabienne BRION (professeur de criminologie à l'UCL, promotrice de deux recherches sur le radicalisme). Modératrice: Valérie ROSOUX (maître de recherche FNRS, professeur de relations internationales à l'UCL)

Par certains côtés, les jeunes jihadistes qui partent de toute l’Europe risquer leur vie pour rejoindre en Syrie la lutte armée contre le dictateur Assad ne sont pas très différents des jeunes Européens d’il y a 80 ans qui partaient de toute l’Europe pour la Catalogne pour y prêter main forte à la lutte armée contre le dictateur Franco. Même vaincus, ceux qui en sont revenus sont aujourd’hui encore considérés comme des héros. Il y a bien sûr entre les deux cas de nombreuses différences. Mais peut-être pas tellement dans l’esprit de ceux qui quittent leurs familles pour prendre le risque de sacrifier leur vie au service d’une cause en laquelle ils croient. Comment faut-il les traiter lorsqu’ils rentrent au pays, mutilés ou non, désillusionnés ou non, désireux ou non de laisser derrière eux ce moment intense de leur jeunesse ? Un traitement juste et sage requiert-il de les traiter comme des héros courageux, comme des gamins fantasques, comme de malheureuses victimes, comme d’odieux criminels ou comme des fous dangereux ? Qu’ils soient musulmans peut-il, doit-il faire une différence ?



 

Midis de l'éthique antérieurs
| contact : Thérèse Davio | 4/12/2012 |