Au moment où les instituts se créent, Vincent Yzerbyt, prorecteur à la Recherche, est plus que jamais attentif à la plus-value que les chercheurs pourront tirer de ces nouvelles structures. Si les forces de recherche sont vives à l’UCL, plus d’«incitants» pourrait accroître l’«audace» des chercheurs.
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Vincent Yzerbyt : "Je pense que l'audace des chercheurs devrait être récompensée."
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La Quinzaine: Progressivement, les instituts de recherche se constituent. Où en sont-ils?
Vincent Yzerbyt: Certains instituts sont déjà opérationnels, d’autres le seront progressivement. Des règlements d’ordre intérieur sont négociés au sein des secteurs. Ce travail relève, pour l’instant, davantage des vice-recteurs de secteur. Indépendamment de cela, ce qui m’intéresse en tant que prorecteur à la Recherche, c’est de voir des activités de recherche innovantes se développer au sein de nos divers instituts.
À ce propos, quels sont vos projets par rapport à ces nouvelles structures?
Le premier est de contribuer à ce que les instituts mutualisent au mieux leurs ressources (techniques, technologiques, expertises,…). Ensuite, il s’agit qu’ils se centrent sur des objectifs de recherche novateurs et ambitieux. Cela leur permettra de fédérer mieux et plus, d’atteindre des masses critiques plus porteuses et d'être plus visibles et crédibles, vis-à-vis des sources de financement extérieures notamment. Il est difficile d’imaginer que l’Europe financera des projets développés par un institut ou un centre à visée étroite. Les thématiques de recherche interdisciplinaires et transversales partent donc avec un avantage Qu’est-ce que l’institut va apporter au chercheur? Pour moi, il est important que les instituts inscrivent dans leur fonctionnement une culture de l’évaluation et du coaching, de l’institut mais aussi des chercheurs. Les présidents et les bureaux d’institut auront un rôle capital à jouer comme «coachs» de leurs membres pour qu’il y ait une évolution —autre que celle qui repose sur l’initiative personnelle— et un épanouissement dans la carrière de chercheur.
Comment voyez-vous leur articulation avec l’UCLouvain?
C’est l’autre grand chantier de cette année: organiser la recherche à l’échelle de l’UCLouvain. Des éléments vont déjà dans ce sens, comme l’attribution des budgets ARC de façon concertée. Il faudra susciter une dynamique commune de recherche là où elle n’existe pas encore, des liens accrus entre chercheurs d’entités différentes qui, dans des disciplines variées, travaillent sur des thématiques proches ou complémentaires, pour créer un tissu de recherche «UCLouvain » encore mieux à même d’explorer des territoires nouveaux et de répondre aux défis sociétaux.
Quels sont, selon vous, les défis de la recherche aujourd’hui?
Notre université a un niveau de recherche remarquable mais on peut regretter par moments un relatif manque d’audace pour répondre à un certain nombre d’appels en matière de financement. Il faudrait voir comment on peut améliorer notre taux de participation à certains programmes. Je peux comprendre que, du point de vue des chercheurs, l’investissement est parfois considéré comme démesuré comparé aux retombées potentielles: le coût en temps et en énergie —pour des appels comme l’ERC européen par exemple— peut sembler énorme au vu du taux de réussite. Nous allons réfléchir, avec l’Administration de la recherche et le Conseil de recherche, à des incitants qui permettraient d’encourager l’initiative et la prise de risque. «L’audace paie!» Cet état d’esprit est au coeur même de l’activité de recherche.
Propos recueillis par Alice Thelen